Farouk Ben Ammar
Docteur en Énergétique


J’avais récemment publié un article intitulé « Tunisie : Pétrole & Gaz extractibles…une manne de 250 milliards de dinars !  ».
Ici, je repends le sujet, mais sous un autre angle, celui du risque de voir la tunisie recolonisée faute de payement de sa dette extérieure qui pourrait atteindre voire dépasser le seuil de 50% du PIB en 2014.

Une tendance qui n’a pas l’air de s’inverser dans un futur proche sur fonds de contestations syndicales, de revendications salariales insensées, et de fraudes fiscales par la frange la plus aisée de la société tunisienne.

Force est d’avouer que la situation actuelle du pays présente des similitudes troublantes avec les décennies qui ont précédé l’an 1881…une année fatidique, celle de l’humiliant traité du Bardo !

FMI & Banque Mondiale : Redoutables Instruments de Colonisation !


Le FMI et la BM, toutes les deux filiales de l’ONU, ont récemment accordé des aides sous forme de prêts assez consistants à la Tunisie…des aides loin d’être désintéressées.
Dernièrement, le Japon aussi s’est joint au club, par l’octroi de crédits non moins importants.
Mais savez vous que l’ONU, dont ces banques dépendent, est financée par les USA à hauteur de 22% et le Japon à hauteur de 18% ?
Ces pays (USA & Japon) très énergivores, pourraient mettre la main sur nos importantes ressources énergétiques, par faute de pouvoir rembourser les crédits consentis.

Cela va sans dire de leur intérêt commun à couper l’accès aux matières premières et aux ressources énergétique à la Chine qui présente désormais une grande menace militaire et économique au « Monde Libre »…La Chine l’avait bien compris après la dernière intervention militaire de la France en Centre-Afrique !

Rappelez-vous les raisons premières de l’instauration du protectorat français en Tunisie vers 1881. Un protectorat justifié par l’incapacité de la Tunisie de rembourser les énormes dettes que la république husseinite devait à la France…Un protectorat qui perdure encore sous une autre forme bien plus pernicieuse !

Une colonisation par des multinationales étrangères avides de gains faciles est tout à fait plausible.

C’EST, L’HISTOIRE QUI SE RÉPÉTERAIT, OU QUI SE PLAGIERAIT, POUR REPRENDRE UNE CITATION D’UN DRAMATURGE FRANÇAIS !

La Révolution Industrielle et la Quête des Colonies


Au sens moderne du terme, le premiers pays à s'être industrialisés est la Grande-Bretagne vers la fin du XVIIIe siècle. La France emboita le pas à sa rivale historique vers le début du XIXe siècle.
La France ne connut de profondes mutations, par la révolution industrielle, qu’a partir de l’année 1850, mais n'a accédé au rang d’une puissance économique qu'entre 1850 et 1870, i.e., après la campagne d’Afrique aboutissant à la colonisation de plusieurs pays « Non Civilisés » !

En effet, ce n'est qu'après 1850 que la France, mue par le « Devoir de Civiliser » le monde, posséda des colonies en Afrique pour les besoins en matières premières de sa naissante industrie.

« …il faut dire ouvertement que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures… » Jules Ferry.

La France alors, à l’orée de sa révolution industrielle, emboitant le pas à sa rivale historique, la Grande-Bretagne, avait des besoins impérieux et croissants en ressources minières dont les Phosphates très abondants en Tunisie.
Depuis sa création en 1897 sous le protectorat français, la Compagnie des Phosphates et des Chemins de Fer de Gafsa exploite, depuis plus d'un siècle, l'un des plus riches gisements de phosphate de la planète : Le Bassin Minier de Gafsa.
Cette compagnie fut nationalisée à l’orée de l'indépendance de la Tunisie et prit le nom de « Compagnie des Phosphates de Gafsa ».
Le seul simulacre d’acte de bravoure à inscrire au palmarès du gouvernement de l’époque. Un gouvernement alors éméché par la liesse de l’indépendance.
Mais la France a bien su préserver ses intérêts stratégiques dans le cadre d’un accord signé en prélude à l’indépendance : Une Indépendance Négociée !

Hydrocarbures de Schiste Exemptés d’Etude d’Impact sur l’Environnement !


Le 12 mars 2014, est une date charnière, quand le parlement européen acta la décision de réviser une directive portant sur les Études d’Impact Environnemental (EIE) des grands projets.

Cette décision fait le bonheur des puissants lobbys pétroliers et gaziers, et a déclenché une bronca chez les organisations de protection de l’environnement, qui commencent à se mobiliser contre une telle décision.

En d’autres termes, le parlement européen a décidé que les grands projets ayant trait aux activités d’Exploration et d’Extraction des hydrocarbures de schiste seront désormais exemptés d’études d’impact environnemental.

Une telle loi serait, de facto, applicable à la Tunisie : L’OCCIDENT FAIT TOUJOURS DES LOIS POUR ENSUITE LES EXPORTER !



Les Richesses de la Tunisie en Hydrocarbures : Un Rappel



Selon un rapport publié en Décembre 2013 par l’agence américaine l’EIA (US Energy Information Administration), la Tunisie a deux importantes formations géologiques pour le Pétrole et le Gaz de Schiste dans la région du sud.

LA TUNISIE AURAIT UN POTENTIEL ÉNERGÉTIQUE DE 250 MILLIARDS TND !

Un montant qui donne le vertige, encore, selon des sources informées, des sociétés étrangères seraient en cours de faire de la prospection pour du pétrole dans la région du nord ouest tunisien : Le Kef.


Nationaliser pour Sauvegarder



Il ne faut pas oublier les guerres qu’a menées la France au Mali, l’opération « Serval » pour conserver les gisements d’Uranium exploités par une entreprise française, et celle plus récente de Centre-Afrique, l’opération « Sangaris », pour chasser les exploitants pétroliers chinois, en guise de défendre la démocratie.

La France préparerait-elle une opération « JASMIN » pour s’accaparer de nos ressources énergétiques en guise de chasser les islamistes déjà « démonisés » par la presse et le gouvernement français ?

Pour le moment, la Tunisie sera toujours sous perfusion grâce à nos généreux bailleurs de fonds, qui ambitionneraient de mettre la main sur notre manne pétrolière.

L'article 13 de la Constitution de 2014 du chapitre portant sur les dispositions générales stipule :

« Les ressources naturelles sont la propriété du peuple tunisien, la souveraineté de l’État sur ces ressources est exercée en son nom.

Les contrats d’exploitation relatifs à ses ressources sont soumis à la commission spécialisée au sein de l'Assemblée des représentants du peuple. Les conventions ratifiées au sujet de ces ressources sont soumises à l’assemblée pour approbation »

Non Messieurs, ce n’est pas suffisant !

IL FAUT IMPÉRATIVEMENT, PROTÉGER NOS RESSOURCES PAR LA NATIONALISATION…PAR VOIE RÉFÉRENDAIRE S’IL LE FAUT !

Sinon qu’allons-nous léguer à nos générations futures à part des dettes pharaoniques et de vivre sous le joug d’avides néocolonisateurs aidés par des hommes de paille sans scrupules.

Pour le moment, remercions les GI de l’oncle SAM, qui nous construisent des hôpitaux, tout prés des plus riches gisements pétroliers du Maghreb, pour en donner accès à une Europe affaiblie, le dernier contrat avec une entreprise néerlandaise en est une patente illustration, une Europe qui demeure la pierre d'angle des relations entre les USA et le monde, et laisser une Tunisie bridée dans ses aspirations de prospérité et un peuple appauvri qui éprouve les pires difficultés à entrer en jouissance de ses richesses !

Les USA comptent bien s’accaparer de la riche Libye, un pays au bord de la partition…avec un œil rivé sur la voisine Algérie. L’imposant ours russe s’est déjà servi en s’offrant la Crimée…un partage équitable…quant à la Chine, le pays des dragons, son silence reste le plus à craindre…une affaire à suivre !